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17 juil 2008

TÉNÈBRES

Fantasia 2008 – Jour 8 – Accuracy of Death

Accuracy of Death


J’avais des attentes assez précises pour ce film : les principales images diffusées pour l’annoncer sous-entendaient de la poésie, une réflexion sur la vie et la mort, et jusqu’à un certain point (de par son sujet) un film noir. J’espérais donc un film touchant, avec une sensibilité étrangère (culturellement) et peut-être même nourrissant au niveau des réflexions spirituelles. C’était en fait une comédie.

Le choc passé, on voit cependant que ce n’est pas qu’une comédie, et heureusement. Il y a effectivement quelques pistes de réflexions sur la vie, ce qu’on décide d’en faire et comment chercher à accomplir ce à quoi on est destiné. On retrouve surtout cela dans les deux derniers tiers du film, avec les personnages d’un yakuza de la vieille école, qui dénonce la corruption amorale des jeunes mafieux, et celui d’une vieille femme, une coiffeuse au passé trouble qui confronte le grim reaper qui vient à sa rencontre. D’une certaine manière, leur âge leur confère une certaine sagesse, une vision sur leur vie et son sens ; ils ont aussi une impression d’accomplissement, ce qui justifie leur mort annoncée puisque les grim reapers attendent que les gens aient accompli leur raison d’être avant de les prendre.

Un fait appréciable d’ailleurs : les morts ne sont pas montrées, mais suggérées (sauf lors d’une fusillade entre yakuzas, mais on n’y voit pas les représentants de la mort à l’œuvre… enfin pas vraiment). Il y a d’ailleurs un certains nombre de subtilités, de non évènements qui nourrissent l’imagination et font travailler le spectateur, et le feraient encore plus travailler si la potentielle lourdeur du sujet n’était pas si souvent occultée par la légèreté de l’humour ou les scènes fleur bleue des première et dernière parties.

Tout en pigeant dans le mythe, une maladresse cinématographique aurait pu être très intéressante si exploitée autrement : le chien noir, conseiller ou exécutant des grim reapers, était un adjuvant parlant (avec des sous-titres…), répétitif (avec la question « Proceed or suspend » [le processus vers la mort de quelqu’un]) et surtout avec une tendance à être comique plutôt que grave. C’était un beau chien, mais on est loin de la crédibilité du black hound d’Harry Potter.

Ce n’est pas un film qui aura une longue vie, mais le message positif qu’il porte fait du bien et j’en conseille au moins un visionnement.

Vus et notés (sur 10):
Accuracy of Death: 7,3
La crème : 3,9
Genius Party: 8
Idiots and Angels: 6
Let the right one in: 9
Truffe: 8

15 juil 2008

TÉNÈBRES

Fantasia 2008 – Jour 7 – Idiots and Angels

Idiots and Angels


Je dois avouer que je bloque un peu sur ce film d’animation. Oui, il est somme toute correct, en tenant compte que c’est un film d’auteur et que l’auteur a manifestement de l’expérience. Entre cynisme et surréalisme, avec une mince palette de tons peu colorés, l’histoire elle-même se tient sans dialogue, mais aussi avec une tendance à la prévisibilité… jusqu’au pathétique happy ending.

Les dessins souvent accomplis à gros traits donnent cependant un côté unique et intéressant, les personnages sont plutôt complexes et bien rendus (sans que cela passe par des dialogues!) et, oui, c’est original… Ce qui m’agace est peut-être la façon dont on m’en a parlé avant que je le vois, je ne sais pas, car ma première pensée en sortant de la salle a été : « Ah, bon! Ce n’était que ça. »

Je ne regrette pas de l’avoir vu, mais je crois que vais bientôt l’oublier…

Vus et notés (sur 10):
La crème : 3,9
Genius Party: 8
Idiots and Angels: 6
Let the right one in: 9
Truffe: 8

13 juil 2008

TÉNÈBRES

Fantasia 2008 – Jour 6 – La Crème (et) Let the Right One In

La crème


Comédie française avec un simple (faible) élément fantastique, La Crème renvoie au pathétisme du chômeur, sa famille et de la campagne française, mais, contrairement à Truffe, on en tire rarement ne serait-ce que des sourires… Parce que ce sont des longueurs, parce que la parenté (les parents du héros surtout) n’ont probablement de formation d’acteurs, et parce que les dialogues nombreux sont d’une insignifiance exaspérante.

Le phénomène fantastique, la crème faciale miraculeusement apparue sous le sapin au lendemain de Nowel et procurant une apparence de vedette à son porteur, comporte quelques zones grises quant à son effet, sa quantité et son origine. Deux personnages au moins ont paru ne pas être sous le charme à certains moments et oui à d’autres. De fait, la mise en situation lorsque les effets se dissipent (mais y a-t-il une logique/durée/raison dans les limitations de ces effets?) est souvent bancale : d’une part, elle est évidente et, d’une autre (en particulier la scène du chant), la réaction des gens est peu crédible (même lorsque des « acteurs » réagissent).

Finalement, les deux points positifs (oui, il y en a) sont les dernières 15 minutes du film et la critique du vedettariat en général. Effectivement, après plus d’une heure d’attente et de préparation, la finale est drôle – pas à rire aux éclats, mais tout de même du bonbon – grâce au deuxième chômeur qui a finalement eu accès au remède miracle. La critique elle-même du vedettariat – de l’idôlatrie aveugle qui découle de la célébrité – est assez subtile et fine pour qu’on puisse apprécier grosso modo le propos de ce long métrage ; le fait que la personnification des vedettes par le protagoniste ne soit pas explicité (sauf une fois pour Gérard Depardieu), bien qu’il garde son nom, remet en question l’anonymat ou la méconnaissance de l’individu derrière sa propre célébrité.


Let the right one in


Difficile de donner une note plus faible à cette histoire inhabituelle de vampire. D’abord, je vais avouer m’être facilement transposé dans le personnage principal, un blondin de douze ans grand lecteur et peu social, souffre-douleur de quelques camarades de classes, qui rencontre sa voisine et tente de faire naïvement ami-amie avec elle. Comme un premier amour de jeunesse pour un introverti au milieu d’un pays de neiges et de ténèbres (la Suède), un amour qui suscite aussi des terreurs d’enfant, des incompréhensions face aux adultes et à leurs choix, et une poésie froide du paysage de jour comme de nuit. Le tout soutenu par un choix de musique simple et efficace.

Oui il y a du sang, oui il y a un brin de violence, mais il y a surtout l’histoire en boucle des gardiens du secret vampirique, et des écarts de la vampire insouciante et soumise à ses trop forts instincts. Une seconde histoire d’amour, dirai-je, pour mettre en valeur les risques et la force du lien à former. Un lien libre de sang, mais bien plus approfondi: celui de la découverte des émotions fortes (positives et négatives), de la sexualité (plutôt en sourdine et en sous-entendus vu l’âge des acteurs), de son identité, de son intégrité et de sa force… Au milieu d’un monde d’une normalité confortable, d’une quotidienneté facile – surtout démontrée par ceux qui sont à côté de tout cela, mais qui par leur proximité en seront atteints et donc y seront mêlés pour le meilleur et pour le pire. Je vois bien que je parle sans être tout à fait clair : je ne donne pas de détails pour révéler l’enchevêtrement des relations et des évènements, car ce ne serait pas donner justice à la trame narrative admirablement ficelée (sans être innovatrice ou extraordinaire, mais à ce point ce n’est pas nécessaire).

Les mots me manquent pour que je puisse dire à quel point ce film m’a touché et que je voudrais le revoir. Tout ce que je pourrais ajouter c’est que, bien qu’ils ne soient pas amis des vampires (bien au contraire), il y a des chats dans une séquence de ce film, des chats numériques dans toutes leurs splendeurs et sous l’impossible poids des mythes…


Vus et notés (sur 10):
La crème : 3,9
Genius Party: 8
Let the right one in: 9
Truffe: 8

11 juil 2008

TÉNÈBRES

Commentaire additionnel à propos de Truffes

Les éléments science-fictionnels sont peu prononcés, et encore moins expliqués. Est-ce que le réalisateur a choisi la voie facile? Je ne crois pas; il a plutôt choisi de ne pas encombrer son œuvre de « notes de bas de page » et de laisser son public travailler. D’ailleurs, la finale suit cette logique et j’y pense encore…
TÉNÈBRES

Fantasia 2008 – Jour 2 – Genius Party

Note : Pour les résumés des films, allez donc sur le site de Fantasia en cliquant sur le titre des films; je ne mets pas ces liens-là pour rien!

Eh oui, je prends mon temps pour écrire mes critiques…

Genius Party


Genius Party est un ensemble de courts métrages d’animation quelque peu inégal. Voici, pour chaque réalisateur/métrage, mes impressions :

Genius Party (réalisé par: Atsuko Fukushima) 6/10
Petite introduction sans histoire – ou du moins à la trame narrative légère (et sans dialogue) – mettant en vedettes un drôle d’oiseau, des pierres-têtes et un gros party de couleurs. Ça nous prépare bien à ce qui va suivre : des trips d’auteurs sans retenu, avec beaucoup d’humour et d’humanité.

Shanghai Dragon (réalisé par: Shoji Kawamori) 8/10
Je pense bien que c’est celui que je préfère : ce jeune morveux un peu attardé qui devient le sauveur de l’humanité a quelque chose de touchant. Et l’histoire elle-même est hors un survol rapide et iconoclaste du genre anime/manga; on s’en donne à cœur joie tout en préservant une certaine innocence, un douce naïveté. J’aimerais bien le revoir, celui-là.

Deathtic 4 (réalisé par: Shinji Kimura) 6/10
Si ce n’était du type d’animation et du format de deux des quatre personnages principaux (les deux zombies, dont le principal qui ressemble bien trop physiquement à un Stewie [Family Guy] plus vieux de quelques années), j’aurai bien plus apprécié cette petite histoire d’enfants, qui, dans un monde où tout doit être mort-vivant, tentent de sauver une grenouille tombée là par hasard. Principalement de type « poursuite » (la partie la plus divertissante), la présence de l’intéressante Zombi Police et de leur entêtement suicidaire est ce qui m’a le plus diverti. Il y a du potentiel dans cette ouverture sur un monde souterrain apparemment très riche, mais si vitement présenté…

Doorbell (réalisé par: Yuji Fukuyama) 4/10
Histoire de doppelganger multiple, qui se dédouble comme si chaque évènement spécial, en l’occurrence sonner à une porte à la rencontre d’une autre personne, créait une ligne de vie différente qu’une des deux copies ne pourrait suivre, et qui, donc, doit continuer son chemin jusqu’à ce qu’elle soit plus rapide que don double. Deplus, il n’y a vraiment aucune innovation ou facture visuelle différente! C’est presque intéressant…

Limit Cycle (réalisé par: Hideki Futamura) 1/10
Les couleurs étaient belles. Le texte, une sorte de poème mystico-philosophico-égocentrique aurait eu avantage à être doublés et non sous-titré, car le résultat est qu’il a été possible de totalement décroché et d’attendre avec un certain ennui qu’on passe à l’animé suivant.

Happy Machine (réalisé par: Masaaki Yuasa) 7.5/10
Un autre animé sans dialogue, bien touchant et bien mené. De l’enfant abandonné dans une « maison » au milieu d’une plaine presque désertique à son destin ultime, on y retrouve le cycle de la vie, ses découvertes et ses déceptions. Je le répète : très touchant et subtil, et pas fleur bleue pour deux sous.

Baby Blue (réalisé par: Shinichiro Watanabe) 7/10
Entre l’amitié d’enfance et presque l’amour des adolescents, c’est un parcours réaliste de deux jeunes qui ont quelque chose à régler avec leur passé, et qui vivent finalement un évènement marquant, comme un roseau qui brise sous le vent. Quelque chose auquel les personnes qui ont perdu de vue leurs grands ami/es de jeunesse vont pouvoir s’identifier.
Pourquoi avoir mis celui-ci en dernier? Parce qu’il porte à réfléchir sur nous-mêmes? Peut-être, mais cette note touchante nous laisse partir avec nostalgie, ce qui, après l’humour et les éclats des autres films, ressemble plus à un « downer » qu’à un plus…

Vus et notés (sur 10):
Genius Party: 8
Truffe: 8

05 juil 2008

TÉNÈBRES

Fantasia 2008 – Jour 1 - Truffe

Note : Pour les résumés des films, allez donc sur le site de Fantasia

Truffe


Entre expressionnisme allemand et science-fiction de série B des années cinquante, je ne saurais départager. Cependant, Kim Nguyen a su pousser le pathétisme jusqu’à l’absurde et n’a pas eu froid à la caméra : ce film est à voir (et, pour ma part, à revoir).
Il faut être prêt au dépaysement : même si l’action se déroule dans un quartier populaire de Montréal, le noir et blanc accentue l’effet d’étrangeté à ce point que ce pourrait être dans n’importe quelle ville nord-américaine, voire occidentale, et qu’on y croirait quand même. On pourrait ajouter avec enthousiasme: enfin, ça se fait au Québec!

Certaines ellipses dans l’histoire et certaines scènes (surtout les statiques) relèvent d’une maitrise de style bien évidente et soulignent avec humour ou mystère le propos du film : la zombification des travailleurs (non, il n'y a pas de zombis dans ce film - heureusement, d'ailleurs). Dans la description de Fantasia, on parlait de critique de la surconsommation : il aurait fallut parler de surproduction en fait, et de monopolisation des ressources…

Je dois avouer que, ne voulant pas révéler de punchs, je suis un peu à cours d’arguments pour convaincre quiconque d’aller le voir. (Et je ne sens rouillé pour le principe critique en fin de semaine) Allez le voir, ça va vous brasser un peu!

Côté défauts, ce que je déplore principalement, c’est le certain manque de suspense, dû au manque de saveur des personnages. Non seulement il faut se laisser pénétrer par l’atmosphère de cette histoire, mais il faut faire l’effort de s’y attacher, car les personnages – même la belle Céline Bonnier et l’habituel Roy Dupuis – sont distants, presque plats. Si on pourrait me rétorquer que, pour certains, c’est justifié par quelque chose à même l’histoire, je répondrai sans remords que le phénomène qui affecte certains personnages s’en trouve handicapé puisqu’il n’est pas souligné comme il aurait pu l’être. On pourrait prendre d’ailleurs en contre-exemple Invasion of the Body Snatchers (la version de 1978).

Enfin, le festival a débuté pour moi avec de la bonne compagnie et j’espère bien qu’il va continuer ainsi!

Vus et notés (sur 10):
Truffe: 8

29 juin 2008

TÉNÈBRES

Désourisation de mon nid...

Il y a maintenant une semaine que mon nid est vide... Enfin, vide, c'est vide dit!

Il y a toujours trois chats pour me tenir compagnie sur ma branche et le vent m'apporte les effluves du parfum de ma Souris. Elle n'est pas bien loin, je la vois souvent, mais ce n'est plus la même chose. J'ai l'impression de voler à contrevent, sans avancer, et j'ai souvent la nausée le soir à ce point qu'il faut que je me convainque que je ne dois pas vomir. Il me reste quelque chose dans la gorge, comme une boule de poil qui ne passe pas ou qui ne remonte pas.

Je suis entre deux ciels, dans une zone grise à laquelle je me sens étranger.

Que faire: battre de l'aile, hululer à la lune, fondre à nouveau sur ma souris ou partir à la chasse?
Téméraire

Fantasia 2008: Mes choix

.


Eh bien, voilà! Un nouveau Fantasia s’annonce et j’ai maintenant fait mon choix parmi la piètre récolte de films cette année. Piètre pour moi, car ma liste initiale de films intéressants est de moitié plus courte que cette de 2007, avec pour résultats que je planifie voir seulement 10 films cette année (plutôt que 24 visionnés l’année passée).

Voici d’abord la liste des films pour lesquels je compte m’acheter des billets :

03 juillet à 19h00: Truffe (comédie de science-fiction dans Hochelaga-Maisonneuve)
04 juillet à 19h30: Genius Party (film d’animation)
08 juillet à 19h15: La crème (comédie fantasique française)
08 juillet à 21h30: Let the right one in (film de vampire suédois)
09 juillet à 19h30: Idiots and Angels (film d’animation)
10 juillet à 19h30: Accuracy of Death (film fantastico-science-fictionel)
11 juillet à 00h00: Bad Biology (film d’horreur sexy)
13 juillet à 21h40: From Inside (film d’animation)
18 juillet à 21h45: Repo: A Genetic Opera (film musical de science-fiction gothique)
19 juillet à 13h00: Island of the Lost Souls (film de fantasy danois)


Voici la liste des films qui ont soulevé mon intérêt, mais que je ne pourrai voir en raison de conflits d’horaire, d’avarice (8$ par film, quand même!) ou parce que j’ai aussi une vie!

La Antena
Batman: Gotham Knight
Chasing World
Dark Floors
Hunting Grounds
Mother of Tears (un Dario Argento… dommage)
The Objective
Second Skin
Timecrimes
Wicked Lake


Je vais reprendre la même échelle de notation que l’année passée, en essayant d’être assidu à la critique écrite…

1-3 = pas la peine
4-4.5 = passable quand on a du temps à perdre
5-6 = passable quand on a du temps à passer
6.5-7 = intéressant
7.5+ = recommandé

PS : Est-ce que quelqu’un a des suggestions? Est-ce que je rate quelque chose de majeur?

16 juin 2008

TÉNÈBRES

Désourisation de mon nid...

Dans moins d'une semaine, ma Souris aura quitté mon nid pour s'installer dans un gruyère bien à elle.

Ça doit être la fatigue, mais tout cela me semble irréel pour l'instant. Comme un rêve qui ne sait pas s'il deviendra cauchemar ou exaltant.

23 nov 2007

Master

Plaisir surprise au Salon du Livre

Il arrive de ces moments magiques dans la vie où on rencontre une écrivaine qu’on a en très haute estime et qu’on admire depuis longtemps, et que cette auteure vient nous dire que qu’elle a aimé et trouvé solide notre premier texte publié professionnellement…

Cela fait presque une semaine et j’en suis encore tout ému!
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22 nov 2007

Evil Kitty

D'un catho à l'autre

Décidement, le ridicule ne tue pas.

Fort de s’excuser auprès des Québécois, le cardinal Ouellet pense maintenant que nous sommes près à retourner dans son giron. Il ne s’est pas rendu compte que l’Église n’est pas au purgatoire, mais bien en enfer – et loin de toute rédemption!

D’ailleurs, les niaiseries de ses congénères ontariens ne font rien pour donner une image d’ouverture de son obsolète institution.

Cependant, un prêcheur états-uniens, à propos duquel un documentaire est annoncé, m’a paru bien sympathique. Ajoutons que j’étais découragé de voir les décorations de Nowel deux jours après mon retour d’Oman, ce qui me rend ce monsieur d’autant plus sympathique malgré ce qui le motive…

29 oct 2007

TÉNÈBRES

Tous bilingues, les noms des commerces sont plutôt évocateurs, et portent parfois à la réflexion:
Baber Shop : un barbier (un marchand de barbes!)
Creatures’ World : une animalerie
Foodstuff sales : une épicerie (mais c’est aussi repris pour les dépanneurs et des resto – qui n’ont pas de nom autrement)
Fish Market : un marchand de poisson
Fresh Fish Market : un marchand de poisson situé à deux cent mètres du précédent
Free Free : une sorte de magasin d’escompte
Lulu Hypermarket : une chaine de petits centres d’achat
Vanity : un salon de beauté
(J’ai malheureusement perdu ma liste complète, composée à la faveur d’une deuxième fin de semaine à Mascate et qui en aurait comporté au moisn une dizaine de plus...)

En passant devant un Subway, j’ai remarqué à mon grand étonnement que le design intérieur (les couleurs des murs, le type de table et de chaises, le plancher lui-même) comporte à 80% les mêmes éléments que dans les restaurants de Montréal. D’autre part, les MacDonald annoncent des chaussons aux dattes – peut-être une concession à la production locale? (Y a-t-il des chaussons aux dattes en Amérique fast-foodienne? je l’ignore.)

Un mot sur le bilinguisme en Oman. Toutes les affiches officielles, ainsi que la plupart des enseignes commerciales, sont en arabe et en anglais. De fait, la plupart des Omanais ont appris un anglais au moins approximatif et il est assez facile d’en rencontrer un qui puisse le parler facilement, surtout dans les villes. D’autre part, certaines indications restent en arabe, ce qui est généralement signe que c’est relié à la religion ou à une information locale – ce qui ne concerne pas les étrangers en tout cas.
Ils n’ont pas peur de l’assimilation parce qu’ils disent leur culture forte, et vu le nombre d’Arabe, la façon dont ils préservent leur héritage culturel et la manière dont ils ont ouvert leur pays au tourisme, ils ont raison. Ce n’est pas l’anglais la menace ici, c’est l’hindi…

Il y a eu récemment un de ces moments où les obligations du travail m’ont paru hautement inhumaines – même en tenant compte du fait que Bechtel traite bien ses employés (mieux que d’autres d’après les principaux intéressés). Les Occidentaux ici ont droit à deux semaines chez eux après huit semaines de travail; les Indiens, eux, ont droit à un mois par année. Si les uns ou les autres doivent rentrer précipitamment pour des raisons personnelles (décès, naissances, ...), c’est à leur frais.
Eh bien, un de mes collègues, qui n’est ici que depuis quatre mois, vient de savoir que sa femme a accouché de son deuxième enfant... Il a reçu des photos, mais il ne pourra pas le rencontrer avant mai ou juin 2008. Il a songé à demander une permission spéciale pour retourner temporairement aux Indes, mais le coût du billet d’avion dépasse les économies qu’il a fait jusqu’ici. Alors il prend son mal en patience – il se doutait avant même de venir qu’il devait faire ce sacrifice...

Le 23 octobre, pour fêter l’énième million d’heures de travail sur le projet (je ne me souviens plus le nombre exact), il y a eu un souper au Sohar Beach Hotel. Construit comme un fort blanc, cet endroit est luxueux et comporte une grande piscine qu’on ne pouvait malheureusement pas utiliser ce soir-là. J’y ai aussi vu de bruyantes chauves-souris que j’ai d’abord crues être des goélands à cause de leur taille… La bouffe est bonne, l’endroit est beau – moyen-oriental à souhaits – et probablement idéal pour vivre un conte des mille et une nuits; j’y retournerais bien, si ce n’était pas à Sohar.

Cette soirée m’a aussi rappelé ce que Tom, un gentil Britannique avec qui j’ai l’habitude de souper au camp, me disait il y a quelques jours : il existe des Indiens chrétiens et il y en a quelques-uns qui travaillent avec nous. C’est un pourcentage infime pour la démographie indien, mais c’est un groupe qui n’a pas peur de s’affirmer – en particulier ses représentants saouls qui viennent me dire que je suis Jésus (parce que j’y ressemble supposément…) et qu’ils me portent dans leur cœur…

Je sais que j’en ai déjà parlé, mais la quasi omniprésence de la lune dans le ciel, de jour comme de nuit et la clarté avec laquelle on peut la voir, en font tout un phénomène. Je comprends mieux pourquoi le calendrier lunaire a été préféré à d’autres ici.

Bon, c’est pas mal tout pour ces petits détails. Pour qui en veut plus, il y a les commentaires inclus dans les albums de photos. Donc, je vous invite à y jeter un oeil!

Rappel :
On peut trouver le premier album de photos
ici
Et le second album de photos
ici


*Un troisième album est en préparation*



Prochain épisode :
Mon appréciation générale

16 oct 2007

TÉNÈBRES

Du ramadan et d’un peu d’Islam

Difficile d’être dans un pays musulman, d’y avoir passé le mois du ramadan et d’éviter le sujet – surtout maintenant que cette période est terminée! Je vais tenter d’être informatif pour une fois, car parler de religion sans être cynique ne me ressemble guère habituellement…

J’ai lu que le mot lui-même, Ramadan, trouve ses racines dans Al-ramad qui veut dire « sécheresse » ou « chaleur ». Cette année, il correspond pourtant en Oman au début de l’automne, toujours aussi humide, mais un peu plus frais – il ne reflète donc pas nécessairement le changement des saisons comme la plupart des fêtes religieuses occidentales.
Le mois du ramadan est le neuvième mois du calendrier lunaire – celui-ci est plus court d’une dizaine de jours que le calendrier grégorien, ce qui fait qu’il s’avance d’une année à l’autre. Le mois commence lorsqu’on (les imams probablement) voit la nouvelle lune et se termine avant la nouvelle lune suivante. De fait, d’un lieu à l’autre, le début du ramadan peut varier jusqu’à 24 h selon la visibilité de la lune.

Originellement, c’est durant ce mois que le Coran aurait été révélé. Sa signification s’inscrit dans la vie spirituelle des islamistes et n’a rien à voir avec la recrudescence de la violence comme certains voudraient le faire croire. Cette période fait partie des cinq piliers de l’islam :
1- Shahadah : la déclaration de la foi
2- Salah : les cinq prières quotidiennes
3- Zakat : la purification des richesses. Normalement, 2,5 % des profits ou des richesses d’une personne devraient être remis à des gens pauvres chaque année ;
4- Siyam : le jeûne obligatoire qui a lieu lors du ramadan
5- Hajj : le pèlerinage à la Mecque (pour ceux qui en ont les moyens, au moins une fois dans leur vie)

Un des principaux objectifs est de se rapprocher de la conscience de dieu par l’autodiscipline. Le jeûne, les prières et les activités du ramadan rappellent aux croyants la misère des plus pauvres, et servent de période de repentance, de purification et de plus grande charité.
Les croyants étudient et réfléchissent aux textes et enseignements du Coran, et purifient leur cœur (leur âme) pour être plus sincères, charitables et humbles. Notons au passage qu’il est commun pour les femmes de porter de multiples bijoux pendant les quelques semaines précédant le mois du ramadan pour deux raisons : elles n’ont pas le droit à la coquetterie pendant cette période, et les bijoux qu’elles n’auront pas portés lors de l’année écoulée, ne leur étant donc pas utiles (!), devraient être remis à des gens plus dans le besoin, qui sauraient les apprécier.

L’aspect le plus concret est le jeûne que j’ai déjà mentionné. Il a lieu du lever au coucher du soleil et s’applique à tous sauf aux enfants, aux malades, aux grands voyageurs (en tenant compte des origines nomades de cette religion), et aux femmes enceintes, qui viennent d’accoucher, qui allaitent ou qui ont leur menstruation. Autant un rappel de la pauvreté que recherche de la discipline et de l’endurance, certains le justifient maintenant pour des raisons de santé… J’ajouterai que le jeûne n’est pas seulement alimentaire : pas d’eau, pas de cigarette, pas de relations intimes non plus pendant la journée (peut-être le mois, mais ça n’est pas clair pour moi).

Pour encadrer le jeûne et favoriser la rencontre des objectifs spirituels du ramadan, des activités convenues ont lieu :
- Sahoor : le repas qui a lieu avant l’aube et est accompagné de la première prière du jour
- Iftar : le repas du soir (« cassation du jeûne ») qui coïncide avec la quatrième prière du jour
- Ziarat : des rencontres avec la famille, les amis, les voisins ou des plus pauvres pour partager la nourriture et maintenir de bons contacts (familiaux)
- Tarawith : une prière optionnelle qui a lieu en début de soirée, entre 20 h et 21 h
- Qiam : une prière optionnelle qui a lieu entre 2 h et 4 h (du matin) les derniers dix jours du mois
- Qiraat : la lecture du Coran lors des temps libres (d’ailleurs, j’ai vu plusieurs personnes au bureau le faire pendant leur pause – pendant que les non-musulmans allaient prendre leur café!)

Toutes ces manifestations de dévotion se terminent par l’Eid-ul-Fitr, un festin marquant la fin du mois de jeûne et qui annonce les festivités de l’Eid. En Oman, cela représente cinq jours de congé (en théorie) pour les croyants – et un seul pour les autres (dont moi). C’est un peu leur Nowel si on veut faire une comparaison : on visite la parenté, on encourage la charité, on fait de bons repas, on offre même de modestes présents aux enfants. Pour souhaiter « Joyeux Eid », on dit : « Eid Mubarak. »

Pour ce qui est des étrangers et des compagnies étrangères en Oman, on n’a pas vraiment le choix de s’en accommoder. (Oh! le joli mot! Hum…) Il est interdit par la loi de manger, boire ou fumer en public ; ça peut mener à l’expulsion du pays. Par contre, c’est permis dans les endroits privés en Oman… Mais ne cherchez pas de restaurants ouverts le midi ailleurs que dans la capitale – ils y sont rares d’ailleurs. Même Macdonald ferme durant le jour ! Les épiceries sont ouvertes et préparent des mets (parfois chauds) pour emporter, ou des endroits comme la cantine du camp restent fonctionnels (après avoir fermé les stores et couverts les vitres avec du papier journal). D’ailleurs, les salles de café du chantier ont été déménagées dans les cantines pour le temps du ramadan.

Chez Bechtel (en Oman – pas en Occident), les heures de travail des jeûneurs sont réduites à des demi-journées (à leur discrétion). J’ajouterai aussi que dans chaque bâtiment du bureau (il y en a trois), se trouvent en permanence à côté des toilettes une salle de prière pour les hommes et une salle pour les femmes; en plus, on sait qu’ils y sont quand il y a un tas de paires de chaussures laissé devant leur porte.

Je pense que j’ai fait le tour de la question…

Prochain épisode :
Whatever (!)

08 oct 2007

Téméraire

Ces détails qui font « l’ailleurs » - Deuxième partie

Note : la plupart de ces détails ont été compilés lors de mon second voyage à Mascate, où je suis resté pendant 48 heures. Je logeais dans l’édifice appelé Rayyan House où Bechtel loue de grands appartements pour les expatriés occidentaux. J’ai mis un album de photos prises à cette occasion ici.


Il y a beaucoup de chèvres en Oman. Elles ont diverses utilités, la première étant de causer des accidents de la route – je soupçonne les assureurs et les garagistes d’en posséder la plupart !
Plus sérieusement, elles ne semblent pas avoir beaucoup de valeur. Les troupeaux sont libres d’aller et venir à leur guise, y compris au bord des autoroutes. J’ai d’ailleurs vu plusieurs de leur cadavre dans le fossé (en fait, il n’y pas de creux, mais juste un semblant) lors de mes voyagements entre Sohar et Mascate. Le 4 octobre, j’ai vu un troupeau d’une vingtaine de chèvres dans le stationnement extérieur du bureau ; un Omanais m’a expliqué que ce troupeau se promenait par lui-même vers l’ouest le matin et retournait dans son enclos (ouvert) habituellement avant le gros soleil de midi, mais aussi parfois au milieu de l’après-midi.

Le prix de l’essence ici est d’à peu près 0,30 dollar canadien (30 cents) le litre... Ça n’étonnera probablement personne puisque l’Oman est un des pays producteurs de pétrole du coin.
(C’est à se demander pourquoi on se laisse fourrer par les compagnies pétrolières pendant que l’Alberta s’en met plein les poches à cause des États-uniens!)

J’ai (enfin!) vu bon nombre de chats à Mascate. Ils sont maigrichons et presque sauvages. De fait, ils n’ont pas de « maître » parce qu’il serait impensable pour un Omanais d’en adopter un : l’animal de compagnie est un concept étranger à leur culture. Donc, la plupart des chats que j’ai vus fréquentent, le soir, les terrasses des restaurants et quémandent en miaulant abondamment leur nourriture. Il ne faut, bien sûr, ne pas leur en donner, car ce serait blessant pour les restaurateurs d’ici… vaut mieux en laisser dans son assiette qu’en donner aux chats! (Et on ne parle pas de doggy bag; ce serait ajouter l’insulte à l’affront!)
J’ai aussi vu des chats en chasse dans la ruelle sous mon balcon. Ils doivent chasser, entre autre, des lézards, car j’en ai vu un petit et noir en allant à la plage.

J’ai remarqué dans mon appartement de la Rayyan House la même chose que dans ma cabine au chantier, à savoir la l’emplacement et l’utilisation des interrupteurs et les prises de courant.
D’abord, il n’y a jamais ni de l’un ni de l’autre dans les salles de bain. Les interrupteurs sont toujours situés à l’extérieur de ces salles; de plus, ils y en a au moins deux, car il y a des petits ventilateurs pour expulser l’humidité à ces endroits en plus des lumières.
Les appareils ménager d’une certaine permanence (réfrigérateur, chauffe-eau, cuisinière, climatiseur, distributeur d’eau) ont chacun leur interrupteur mural. Celui-ci est généralement bien identifié (en anglais!) et comprend souvent une lumière pour indiquer la position ouverte.
En plus, les prises de courant (le modèle britannique à trois têtes plates) ont toutes leur propre interrupteur intégré. Il est donc possible de « fermer » le courant pour brancher un appareil, ou lorsque la prise n’est pas utilisée tout simplement.
Je devrais penser à en prendre en photo pour le troisième album…

Je sais que j’en ai déjà parlé, mais la conduite automobile des Omanais me paraît un sujet inépuisable.
L’allée à Mascate se fait dans un des grands minibus (25 personnes) que Bechtel a loués pour le déplacement de son personnel au chantier et dans les environs; l’autobus en question va tous les jeudis à Mascate et revient les samedi matin un peu comme un taxi pour les employés senior. La compagnie qui gère ces autobus emploie des Omanais pour les conduire.
Ce jeudi, nous étions trois Occidentaux, deux Omanais (y compris le chauffeur) et huit Indiens dans l’autobus. Celui-ci roulait raisonnablement (on n’entendait pas la sonnerie du 120 km/h) dans la voie de droite, quand on a entendu un bang! provenant du côté gauche sans pour autant ressentir un impact… Le chauffeur d’une voiture de taille moyenne, visiblement aussi surpris qu’Omanais, n’avait apparemment pas remarqué l’autobus (deux fois long comme sa voiture et trois fois plus haut) et avait tenté de s’engager dans la voie de droite. D’où un impact parallèle. Notre conducteur, après s’être assuré en regardant dans son rétroviseur que l’autre véhicule continuait à rouler, a lui-même continué son petit bonhomme de chemin comme si rien n’était! Bien sûr, l’aile arrière de l’autobus était renfoncée et la peinture avait été arrachée sur près d’un mètre et demi, mais il semble que ce genre d’incident soit assez commun pour qu’on y prête pas plus d’attention…

Dans le second album photo, on peut voir quelques photos prises au souk de Muttrah, qui serait un des plus vieux (ou des plus grands) souks du Moyen-Orient. De l’extérieur, il n’a l’air de rien, mais à l’intérieur, c’est comme une caverne d’Ali baba. Ce que j’en ai vu (et je veux y retourner) est un couloir intérieur de trois mètres de large avec de chaque côté des boutiques souvent grosses comme ma cabine de chantier (3 m x 2.5 m) remplies de différentes choses. Des marchands de vêtements pour femme, pour enfants, pour hommes, des vendeurs de parfums et d’encens, des marchands d’antiquités, de bijoux ou de produits locaux. Mille couleurs, huit cent sons, cinq cent odeurs (bonnes pour la plupart – c’est très propre), et toujours quatre ou cinq marchands omanais vous interpellant…

Nous (j’étais accompagné de trois personnes) n’avons fait que quinze ou vingt mètres dans le souk et nous avons dépensé au moins mille dollars… après négociations! Je pense bien me débrouiller d’ailleurs : dans une boutique particulière, j’avais sélectionné des choses (je ne dis pas c’est quoi – il y a des surprises là-dedans!) qui s’élevaient à près de 70 rials omanais (les prix étaient dessus – environ 200 CAD), mais j’en suis sorti avec tout mes choix en payant seulement 35 OMR, et en obtenant un petit quelque chose en prime (destiné à ma Souris)!

Il faut noter que, bien que je n’aie pris des photos que dans deux boutiques, nous en avons visité six ou sept. Avons-nous seulement vu cinq pour cent de ce souk? J’en doute – il y a même un deuxième étage que nous n’avons même pas contemplé de loin!

J’ai bien aimé mon séjour à Mascate et j’ai déjà fait la demande pour y retourner… Je me croise les doigts!

Rappel :
On peut trouver le premier album ici



Prochain épisode :
Mon troisième voyage à Mascate (Muscat)
- ou whatever (!)

25 sep 2007

Master

Photos disponibles!

Photos disponibles!

D’abord pour les intéressés, vous pouvez trouver quelques photos sur Facebook (cliquer sur le lien devrait suffire) que j’ai prises lors de mon voyage à Mascate. Elles d’assez bonne qualité – certaines ont plus d’un Mo, avis aux basses vitesses qui pourraient trouver le temps long. De plus, j’ai ajouté des commentaires à la plupart de ces photos– de ces petits détails qui font l’ailleurs !

PS : Normalement, vous ne devriez pas être contraints de vous inscrire à Facebook pour voir ces photos – laissez-moi savoir si ce n’est pas vrai !

Prochain épisode :
De mon retour éventuel

Téméraire

Petite sortie dans la ville de Sohar

Ne faites pas attention aux fautes : je suis au bureau et je n’arrive pas à désengager le correcteur automatique en anglais…

Hier soir, Ahmed, un Omanais qui travaille au centre de documentation avec moi, a décidé, puisqu’il avait un véhicule cette semaine, de me faire visiter un p’tit brin de son pays. Il m’a donc amené faire un tour dans la ville de Sohar après le coucher du soleil.

Notre premier arrêt a été le Lulu, un hypermarket. C’est en fait une chaîne de centres commerciaux qui semblent avoir sensiblement les mêmes boutiques et services. Les trois plus grandes surfaces sont celles de l’épicerie, des vêtements et de l’électronique. Disons que je n’étais pas trop dépaysé : c’est très comparable à ce qu’on trouve en Amérique, si on omet que la plupart des affiches publicitaire sont en arabe et en anglais, que les prix sont en rials, que les marques sont généralement différentes et que le quart du centre d’électronique est occupé par des modèles de climatiseurs. J’ai vu à l’épicerie des Oreo, des soupes Lipton, du 7-up et du Pepsi, et quelques autres ; ailleurs, des sacs et vêtements de Spiderman, Superman et Batman, ainsi que des jouets très américains dont des poupées Winnie the Poo ! (– Non, Souris, ça ne fera pas partie des souvenirs que je vais te rapporter ! –) Il n’y avait d’ailleurs pas de vêtements locaux, mais seulement de type européen.

J’y ai acheté deux-trois trucs pour manger et boire (il y aura une photo dans le second album photo consacré à mon voyage), ainsi que trois souvenirs – je ne dirai pas ce que c’est, car ils ne sont pas tous pour moi !

J’ai constaté qu’il y avait énormément d’Indiens. Ahmed m’a expliqué qu’il y en avait beaucoup au Moyent-Orient parce que c’est une main-d’œuvre peu coûteuse et que, une fois les usines et les autres projets de construction terminés (il y en a plusieurs à Sohar), ils se déplaceraient ailleurs…

Ensuite, nous sommes allés au souk, un croisement entre un marché aux puces et un centre commercial. Le souk de Sohar est en fait composé de trois ou quatre pâtés de maisons où les petits commerces pullules. On y trouve de tous : des magasins d’articles pour sport, des commerces de cellulaires ou d’électronique, des vendeurs de chapeaux omanais (il faudra que j’en trouve le nom exact), des bijouteries, des parfumeries, des barbiers, des tailleurs, des vendeurs de fruits et légumes, des vendeurs de vêtements (de style indiens, européens et omanais), ainsi que quelques vendeurs de breloques et des cafés. Le trafic routier y est assez intense (en tenant compte que ni les Omanais ni les Indiens ne savent conduire prudemment), mais pas le piétonier ; Ahmed m’a expliqué qu’il y avait peu de monde par rapport à l’habitude à cause de la finale mondiale de cricket entre l’Inde et le Pakistan, qui avait lieu hier soir !

Nous avons magasiner un peu, mais mon guide m’a découragé d’acheter sur place, car il trouvait que les prix étaient trop élevés (presque le double de ce qu’ils devraient être) et m’a plutôt suggéré de retourner à Mascate, où le choix, la qualité et les prix sont meilleurs…

Puis, dernier arrêt prévu, la plage, parce que Sohar est située sur la côte est du golfe d’Oman, lui-même placé entre le golfe persique (mais il faut dire arabearabic – ici pour des raisons ethno-historiques) et l’océan Indien. Comme il faisait nuit, on n’en profiterait pas, mais au moins il pouvait me la montrer et m’en parler un peu. En plus, la marée était haute : presque tout le sable était immergé ! Un mur de béton sert à stopper l’avancement de la mer, de trottoir et de route le long de la plage. L’air y est moins salin que je ne l’aurais cru et il y a des vagues continuellement.

Il parait que les gens s’y baignent durant la journée. Les hommes en short et les femmes habillées. Le soir, on voit sur le trottoir des promeneurs (des hommes surtout) et j’y ai vu mon premier chat omanais : un maigrichon blanc avec des taches brunes et noires. Puis Ahmed et moi sommes allés prendre une crème glace dans la seule crèmerie de la ville. Étonnement, le service se fait aux tables ; on n’a pas à se déplacer au comptoir et le serveur apporte menu et commande. J’ai pris de la crème glacée à la mangue… Ça gagnerait à être distribué au Canada !

Sur une note plus générale, j’ai constaté de visu hier que les femmes ne sont pas égales aux hommes ici, car elles ont plus d'obligations et de restrictions. La première obligation est bien sûr d'être couvertes des chevilles jusqu'au dessus de la tête et aux poignets lorsqu’elles sont à l’extérieur de chez elles ! Il m’a aussi semblé que, lorsqu’elles accompagnent leur mari (où un homme), elles restent toujours en retrait, marchant derrière avec les enfants. Par contre, j’ai vu dans les magasins les vêtements qu’elles portent à la maison et sous leurs robes noires… Leurs « vraies » robes ont beaucoup de style, de couleurs, de dorures et sont, à mon avis, extrêmement belles.

Elles ont aussi beaucoup de droits pour un pays musulman : conduire une voiture, posséder des biens matériels, travailler hors du foyer, se présenter en politique (et être élue!), se promener sans chaperon...

Pour les femmes touristes, c’est bien moins restrictif (à moins de visiter une mosquée). Du moment que les vêtements ne soient pas moulant ou révélateurs, la tête n’a pas à être couverte, les manches courtes et les pantaloons sont acceptables ; il est cependant fortement déconseillé de porter des des shorts ou des jupes qui laisseraient voir les jambes, ou des vêtements sans manches (laissant voir les épaules).

Prochain épisode :
Album photo

19 sep 2007

Evil Kitty

Men's Logic

J'ai reçu cette blague d'un collègue ici... Certains la trouvent très drôle. Disons que toutes les sociétés humaine n'ont pas eu la même évolution sociale.

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A man and his wife were in a court for their divorce case.

The Problem was who should get custody of the child.

The wife screamed and jumped up and said: "Your Honor. I brought The child into the world with all the pain and labor.
The child Should be in my custody. "

The judge turned to the husband and said: "What do you have to Say in your defense?"

The man sat for a while contemplating. ..then slowly rose. "Your Honor... If I put a dollar in a Pepsi Vending Machine and a Pepsi Comes out...
Whose Pepsi is it... The machine's or mine?"

18 sep 2007

TÉNÈBRES

Voyage à Mascate (Muscat en anglais)

Finalement, il n’y aura pas tant que cela à dire. On est parti à 6 h 00 du camp et on est arrivé vers 9 h 00 ; j’ai visité les bureaux du projet, rencontrer quelques Québécois, pris mes courriels et me suis fait dire que, comme c’est Ramadan, la plupart des commerces et services ferment à partir de 11 h et n’ouvrent à nouveau que vers 16 h. Ce qui me contraignait à bien peu, puisque nous devions repartir vers 14 h…

Le Code de la route ici est bien différent. d’abord, les voies rapides ne sont pas isolées comme en Amérique : les gens peuvent les traverser à pied, il s’y trouve des arrêts d’autobus, les viaducs sont inexistants (ils ne tomberont pas ici!) – donc les croisements sont les ronds-points et des croisements perpendiculaires avec (parfois) de très courtes rampes d’entrée et de sortie –, des chantiers de construction, des véhicules de toutes sortes, et surtout des Omanais qui conduisent en fou. Ceux-ci « coupent », ne respectent pas la priorité, flashent les gens qui ne vont pas assez vite (nous, entre autres, qui allions en moyenne à 120 km/h), passent par l’accotement pour échapper au trafic, s’insèrent un peu n’importe comment dans une file et respectent peu l’espace de chaque voie.

De fait, leurs autoroutes me font plus penser à de larges avenues transformées en pistes de course. Nous avons d’ailleurs croisé une camionnette et un camion (un petit avec un cube de trois ou quatre mètres) qui ont capoté. Il semble que les menus accrochages soient assez nombreux, car la législation oblige les automobilistes, en cas d’entente amicale, à déclarer *immédiatement* un incident (sans blessure, ni tierce partie impliquée) à l’assureur du conducteur fautif ; ainsi, la police peut ne jamais être au courant d’un accident.

Pour en revenir à mon voyage comme tel, j’ai eu l’occasion de voir quelques chameaux (de loin), des chiens sauvages (apparemment), un troupeau de chèvres qui mangeaient juste sur le bord de l’autoroute, différentes sortes d’oiseaux pas très gros et pleins d’arbres (des palmiers, oui, mais aussi des dattiers et de bananiers). Pas de chat… En plus, à la vitesse où on allait, je n’ai pas pu photographier cette faune.

Finalement, comme seule attraction touristique, il y a eu la Grande Mosquée dont j’ai pu faire quelques photos à partir de la route. Ça ne me dérange pas puisqu’on m’a dit qu’elle est réservée aux musulmans pendant le ramadan.

NE VOYAGEZ PAS DURANT LE RAMADAN – vous ne pourrez pas facilement diner, tout est ouvert à heures réduites et vous ne pourrez profiter pleinement de votre voyage.

Cela dit, en allant me chercher à manger dans un supermarché (Sultan) à côté des bureaux de Bechtel, j’ai pu m’acheter un paquet de cinq barres Mars pour 0.800 rial (environ 2$). J’aurai dû prendre mon temps pour la visiter un peu, mais je ne savais pas encore que ce supermarché était le seul commerce « intéressant » (lire : ouvert) dans le centre d’achat ; j’ai quand même fait du lèche-vitrine en espérant que je puisse acheter éventuellement des souvenirs…

Une dernière chose par rapport à Mascate : il y a une très importante communauté indienne. Ça paraissait par le contenu du délicatessen au supermarché, ça paraissait chez Bechtel et aussi sur la route. Je ne sais quelle est la proportion de ce groupe en Oman, mais il doit être important – c’est une main-d’oeuvre assez peu coûteuse après tout!

Donc, une sortie peu divertissante (six heures d’auto avec un superviseur à la conduite nerveuse) et peu instructive. À remettre autrement.

Prochain épisode :
Ma visite de l'usine
ou États d'âmes sur le pourquoi d'être icic

15 sep 2007

Master

Ces détails qui font « l’ailleurs »

La première petite différence que j’ai remarquée, dès les premières heures suivant mon arrivée, est les lumières de positionnement sur les camions. Il y en a généralement tout le long sur les flancs, à un intervalle d’environ un mètre. Ce qui est vraiment original, c’est l’agencement des couleurs : rouge, vert et bleu/mauve très pâle (donnant presque l’impression du blanc). On dirait que ce sont des camions de Nowel !

Autre détail concernant les camions : ils ont quasiment toujours un phare orange en fonction sur la cabine du pilotage. C’est dire qu’on les voit arriver de loin!
Ça serait peut-être une bonne idée d’imposer cela au Québec, surtout l’hiver!

Il y a beaucoup de ronds-points ici; je ne me souviens d’ailleurs pas avoir vu de feux de circulation. Les routes sont relativement belles, mais il y a beaucoup de réparations et de constructions.

La limite de vitesse est 120 km/h. Les véhicules sont équipés d’un signal qui s’active lorsque la limite est dépassée (comme lorsqu’on ne boucle pas sa ceinture – c’est très gossant). Puis il y a des photoradars pour punir les contrevenants.

Aux abords des ronds-points et des croisements, comme il n’a pas de lumières, il y a des dos d’âne. Il y en a en fait un peu partout; je n’ai pas encore compris la logique de leur positionnement, car il m’a semblé en avoir vu au milieu de la route sans justification (sinon contrôler la vitesse).


Chaque touche de mon clavier d’ordinateur au travail, y compris les touches du chiffrier, comporte deux ou trois symboles arabes pour ceux qui savent l’écrire, mais je n’ai pas encore découvert comment produire les signes.


S’il n’est pas aussi visible le matin et pendant la journée, le mouvement du Soleil est évident à la tombée du jour. Je peux affirmer que lors de la dernière demi-heure, le Soleil plonge carrément derrière l’horizon. Sa lumière quitte peu à peu les nuages les plus bas – ce ne sont tous que de hauts stratocumulus – et les ombres au sol s’allongent presque à vue d’œil. Quand le Soleil n’est pas un point diffus derrière le mur vitreux de chaleur et d’humidité, il est rond, gros comme un 25 cents, et il passe du blanc au jaune, puis à l’orange. Cela provoque d’ailleurs les plus beaux effets orangés que j’ai pu voir dans le ciel, au-dessus des montagnes rondes à l’intérieur des terres. Les dix dernières minutes, il s’affaisse presque à vue d’œil (« presque » parce que personne ne le fixe, bien sûr!). Cela dit, la chaleur reste.


Au camp, la plupart des Indiens sont habillés à l’européenne : chemise à manches longues ou courtes, jeans ou pantalons propres, t-shirt… Cependant, les Omanais (ou peut-être plus largement les Arabes ou les musulmans ?) portent la djellaba, cette grande robe généralement blanche, et – particulièrement depuis le début du ramadan, un chapeau rond et plat dont j’ignore actuellement le nom. Il est donc facile de les identifier et on les voit venir de loin, de jour comme de nuit.

Les femmes omanaises portent toutes de longues robes noires ainsi qu’un foulard sur la tête. Leur visage est toujours à découvert (au travail en tout cas). Généralement, ces robes sont seulement noires, mais certaines sont brodées de dorures et de formes finement dessinées à l’avant et sur les manches ; peut-être est-ce le signe d’une plus grande richesse pour elles? Je ne sais pas.


Hormis une sorte de grosse mésange et des insectes apparemment communs (surtout de mouches), je n’ai pas vu d’autres représentants de la faune locale. Je suis un peu déçu, car lorsqu’on visite des sites d’information sur l’Oman, on y trouve une faune intéressante : gazelles du désert, une sorte de couguar, des chameaux, des aigles, des serpents, des scorpions, des dauphins, des baleines…

J’admets que la proximité d’un très grand chantier de construction doit jouer dans cette absence de vie, mais j’espère que je pourrai remédier à ce manque lors de mon escapade prévue dans la capitale.


On est dans les détails, alors allons-y pour le plus anodin : le papier essuie-main dans les toilettes ici n’est pas comme les essuie-tout qu’on trouve généralement en Amérique du Nord (quoique ces dispositifs devraient être tous remplacés par des sèche-mains électriques et peu énergivores). En fait, ici, ils ressemblent plus à du papier de toilette et ça reste collé aux mains. Vraiment pas pratique.

Finalement, pour clore cette entrée, en Oman, la reine est un sultan. Je veux dire que là où on trouve Bethie la seconde au Canada, on trouve le sultan Qabous bin Said Al Said : imprimé sur les billets de banque et affiché sur les murs dans les cubicules des Omanais. Je ne saurais dire à quel c’est un culte de la personnalité, car, à entendre parler les Omanais et même en lisant de la littérature étrangère à son propos, ce sultan est un homme cultivé qui a sorti son pays de la pauvreté (avec le pétrole), qui l’a modernisé et qui diversifie maintenant ses activités économiques (en l’ouvrant au tourisme par exemple) tout en instituant un gouvernement tendant à une certaine démocratie…

Prochain épisode :
Ma journée à Mascate (Muscat)
- qui aura lieu vraisemblablement lundi qui vient

14 sep 2007

Écrivain

Au bureau

Les gens sont très gentils, mais ils ont un calvaire d’accent (indien, bien sûr!). Je ne comprends pas la moitié de ce qu’ils disent.
J’ai eu toute la difficulté du monde à obtenir des informations claires à propos de différents trucs (mon induction, ma passe de chantier, le lavage, obtenir de l’argent liquide...) - même de la part des Occidentaux!

Et on a (déjà!) eu un safety meeting... Pff... Perte de temps bureaucratique. Il faut dire que ce n’est pas évident pour tout le monde, on dirait, car il y a toujours une courte file à la clinique de chantier (mais le plus petit bobo doit y être rapporté).

Comme certains le savent, j’ai aussi un compte sur Facebook , mais je l’ai touché que vite et sans regarder les détails puisque je naviguais sur Internet au travail (à défaut d’avoir pu l’utiliser auparavant dans ma cabine), une situation un peu gênante étant donné l’absence de panneaux entre les bureaux, et que mon écran est visible à mon superviseur ainsi qu’à certains de mes collègues.

D’un autre côté, certains ne se gênent pas pour jouer sur leur ordinateur (entre autres, il y a un jeu pour apprendre le Code de la route et comment stationner en parallèle…), prendre leur courriel, lire des nouvelles de leur pays ou faire je ne sais quoi, qui ne relève absolument pas de nos tâches… J’ai cru comprendre que je travaillais un peu vite pour certains, mais, bon, je suis ici pour ça ! Et il y en a au moins deux qui me paraissent plus assidus à leurs tâches - ça me conforte un peu.

Le centre de documentation est relativement petit par rapport à ce que je m’attendais, mais douze personnes y travaillent : dix hommes (huit Indiens et deux Omanais), et deux femmes (omanaises qui s’occupent plus en fait de photocopier et classer). Les documents n’y sont pas gardés, ce qui explique en partie le peu de place qu’il occupe, et les bureaux comme tels sont relativement petits (on ne peut y placer des documents de taille A2 !). Trois climatiseurs se trouvent dans notre pièce, mais il y en a une multitude d’autres - au moins un par bureau fermé et deux par porte ; de plus, les entrées ont toutes un minivestibule, comme un sas pour empêcher la chaleur de trop facilement pénétrer les bureaux.

Jusqu’ici, j’ai rencontré deux Québécois (Caroline, une femme de Montréal aux ressources humaines, et Richard, un ingénieur d’Alcan – notre client !) et un autre Montréalais, Peter, plus ou moins francophone, mais que je connais pour avoir déjà travaillé avec lui sur le projet précédent (Mosjoen). J’ai beaucoup plus discuté avec Peter qu’avec les deux autres, bien qu’il ne soit pas facile de se croiser dans cette fourmilière. J’ai aussi entendu parler français avec l’accent de France, car un des principaux sous-contractants est une compagnie française qui participe à peu près toujours à la construction d’usine d’aluminium par Bechtel.

Prochain épisode :
Ces détails qui font « l’ailleurs »

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